dimanche 8 janvier 2017

L’invincible

Source: meseorszag1.webnode.hu

Il était une fois un vieil homme.
Il travaillait aux champs. Il s’apprêtait à rentrer à la maison quand il vit une petite souris sur la route. Il l’attrapa aussitôt. Arrivée à la maison, elle se transforma en une jeune demoiselle.

Elle grandir, et rapidement devint une belle jeune fille. Un jour, elle dit au paysan :
«Je vais me marier à condition de trouver quelqu’un qui serait invincible.»

Le paysan alla donc chercher celui qui serait le meilleur à tous  les points de vue.
Il alla voir le Soleil. Son lieutenant lui dit que le Soleil n’était pas à la maison car il était allé éclairer la Terre. Le paysan devait donc attendre son retour.
Quand il fit noir, le Soleil rentra à la maison. Le veux paysan lui demanda d’épouser sa fille puisque c’est bien le Soleil qui est invincible.

«Mais ce n’est pas moi, répondit le Soleil. Le Nuage est plus fort que moi car il est capable de me couvrir.»

Le vieux paysan alla voir le Soleil, et lui demanda d’épouser sa fille.
«Le Vent est plus fort que moi car il est capable de me chasser», répondit le Soleil.

Le vieux paysan reprit son chemin, et il arriva chez le Vent.
«Ce n’est pas moi qui suis le plus fort parce que je ne peux pas déplacer le mont Mátra», répondit-il au paysan.

Arrivé chez le mont Mátra, il lui demanda d’épouser sa fille.
«Je ne suis pas le meilleur du monde car je ne peux pas écraser les petites souris qui courent çà et là, en bas, sous mes pieds», dit lui le Mátra.

Le vieil homme rendit visite au roi des souris. Il lui demanda d’épouser sa fille.
Le roi attela une souris à sa calèche, et il alla chercher la fille du paysan. Elle redevint souris, et aussitôt ils se marièrent.

Ils vivent encore heureux s’ils ne sont pas morts entre-temps.

dimanche 11 décembre 2016

Le sel


Source:vfmk.hu
Il était une fois un vieux roi qui avait trois filles. Il décida de donner son royaume à celle des trois qui l’aimait le plus. Il fit venir donc ses filles pour leur demander à quel point elles l’aimaient.
D’abord, il s’adressa à son aînée:

«Dis-moi, ma chère fille, est-ce que tu m’aimes?
-Oui, mon cher père, comme une tourterelle aime les grains de blé», répondit-elle.

Ce fut le tour de sa deuxième fille:
«Je vous aime, mon cher père comme j’aime la brise pendant la grande chaleur.»

Il s’adressa alors à sa cadette:
«Moi, je cous aime comme les gens aiment le sel», répondit-elle.

Le roi fut déçu de la réponse de sa fille. Il se fâcha tellement qu’il lui donna l’ordre de quitter le palais royal. La jeune princesse partit en pleurant. Elle se retrouva dans une grande forêt. Elle s’abrita au creux d’un vieil arbre. Elle ramassa des fraises sauvages, des mûres et des noisettes pour se nourrir. Elle vivota seule ainsi.

Une année étant passée, alors que le prince du royaume voisin passait par là. Il aperçut la princesse qui ramassait les mûres. Ayant eu peur, elle se cacha dans le creux du vieil arbre. Le prince la suivit et cria:

«Qui est là?»

La princesse tremblait comme une feuille, et elle ne dit pas un traitre mot. Le prince cria de nouveau:

«Qui est là? Dites si vous êtes un homme ou le diable sinon j’ouvre le feu!»

Sur ce, la princesse sortit du creux de l’arbre et commença à pleurer. Ses vêtements étaient sales et déchirés. Elle en avait honte, et en pleurant elle raconta son histoire au prince.
Elle plut beaucoup au jeune prince car elle était belle malgré ses vêtements sales et déchirés. Il la prit tendrement par la main et l’emmena au palais royal. Il l’habilla de robes dorées et argentées.

Ils se marièrent et firent la noce avec beaucoup d’invités. Nul n’avait jamais vu auparavant un aussi beau mariage.

Le temps passa, ils s’aimaient comme deux tourtereaux. Un jour, le roi dit à sa femme:

«Ma chère épouse, quand je t’ai vue la première fois, je n’ai pas insisté pour savoir pourquoi ton père t’avait chassée. Mais maintenant dis-moi la vérité.
-Je vais te le raconter volontiers. Mon père m’a demandé à quel point je l’aimais, et moi, je lui ai répondu : « comme les gens aiment le sel», répondit-elle.
«Très bien, tu regagneras bientôt l’amour de ton père», dit le roi.

Il s’en alla pour écrire une lettre au vieux roi et lui demanda de venir déjeuner. Trois jours plus tard, le carrosse royal tiré par six chevaux, arriva dans la cour du château. Le jeune roi accompagna le vieux roi dans la plus belle salle du palais où une table pour deux personnes était déjà mise.

Ils s’installèrent autour de la table, et les serviteurs arrivèrent avec les plats délicieux. Et ce n’était que le déjeuner! Le vieux roi se servit le premier, il goûta la soupe et posa tout de suite la cuillère car celle-là n’était pas salée du tout. Il se dit que la viande du pot au feu serait sûrement salée. Mais il n’y avait pas un grain de sel. Les rôtis arrivèrent, l’un après l’autre, mais le vieux roi les goûta à peine puisque, sans sel, ils étaient fades.

Il ne put s’empêcher de dire au jeune roi:

«Dis-moi, comment est-ce possible d’avoir un cuisinier qui ne met pas de sel dans les plats?
-Il met toujours du sel dans les plats mais j’ai entendu dire que vous n’aimiez pas le sel. Je lui ai ordonné de ne rien saler, sinon il le paiera de sa tête.
-Mais tu t’es trompé parce que j’aime bien les plats salés. Qui t’a dit le contraire?
-Votre fille», répondit le jeune roi.

A cet instant la porte s’ouvrit, et la reine entra dans la salle. Elle n’était nulle autre que la fille cadette du vieux roi qui fut très heureux de la revoir. Il avait déjà regretté mille fois de l’avoir chassée du palais, et il la recherchait partout.

Il donna tout de suite son royaume à sa fille, et le jeune roi prit en main les affaires du palais.

Ils vivent encore heureux s’ils ne sont pas morts entre temps.


jeudi 17 novembre 2016

C’est en forgeant qu’on devient forgeron


Source: emf-kyron.blogspot.com 
Il était une fois un roi qui était jeune et beau. Il décida de se marier. La mariée était très belle et en plus, elle était très intelligente.

Après les noces, ils allèrent visiter leur domaine ainsi que les montagnes à l’entour. Le roi emporta son fusil, et il abattit les petits oiseaux qui se reposaient sur les arbres. La reine ne dit pas un traitre mot.

«Tu ne me fais même pas de compliments pour mon habileté?» lui demanda le roi avec un brin de déception dans la voix.

«Mais ce n’est rien, mon cher mari, c’est en forgeant qu’on devient forgeron», répondit la reine.

Le roi se vexa à tel point qu’il ne dit plus rien à son épouse.

«Tu n’es pas une épouse digne, sors tout de suite du palais royal!» ordonna-t-il à la reine.

«D’accord, je m’en vais mais d’abord donne-moi la vache qui est à l’étable», répondit la reine.

Le roi s’acquitta de sa demande, et la reine se mit en route en tenant la vache au bout de sa corde.

Elle marcha, elle chemina. Dans les montagnes, elle vit une grotte où elle trouva refuge. Sa vache était pleine, elle allait bientôt mettre bas. La reine, tous les matins, prit dans ses bras le petit veau qui était né et monta avec lui au sommet de la montagne pour redescendre ensuite, toujours avec lui, dans la grotte. Elle le fit pendant un an.

L’année suivante, le roi organisa une grande chasse. Les chasseurs remarquèrent quelque chose de bizarre sur le versant de la montagne. Ils n’arrivaient pas à distinguer les contours d’un animal. Celui-ci ressemblait à une bête mais il marchait sur deux pattes.

«Mais quelle est cette bête?» se demandèrent-ils ahuris.

Ils s’approchèrent pour mieux la voir mais dès qu’ils furent montés, ils ne voyaient plus rien. Ils suivirent les traces de pas d’une femme, et ils tombèrent sur la grotte. Ils crièrent pour appeler la personne qui était à l’intérieur.

Une voix leur répondit qu’il lui était impossible de sortir nue. Les chasseurs lui tendirent un manteau, et la femme sortit de la grotte. Elle leur raconta que c’était elle qu’ils avaient aperçue, transportant le veau sur ses épaules.

Les princes, les barons et les comtes se réunirent pour savoir comment elle avait pu monter le veau sur ses épaules.

«Je l’emmène tous les jours là-haut depuis qu’il est venu au monde. Vous savez, c’est en forgeant qu’on devient forgeron», répondit la reine.

Le roi reconnut tout de suite son épouse. Il se précipita vers elle, et il l’embrassa chaleureusement. Il lui demanda de revenir dans le palais royal. Il avoua qu’il regrettait déjà mille fois l’avoir mise impoliment dehors.

La chasse fut immédiatement interrompue. Le roi fit venir le carrosse royal, et il rentra au palais royal avec sa femme toujours très belle et intelligente. Bien sûr, ils étaient accompagnés de la vache et du veau.

Ils vivent encore aujourd’hui s’ils ne sont pas morts entre temps.


vendredi 23 septembre 2016

Le petit carassin


Source:tarkabarka.cafeblog.hu 
Il était une fois un homme pauvre. Avec sa femme, aussi pauvre que lui, ils étaient les plus démunis de leur village. L’homme allait pêcher chaque jour pour qu’ils aient de quoi manger.
Un jour, quand il tira son filet, il y trouva un petit carassin.

«Puisque tu es rentré dans mon filet, je te prends. Je t’emporte à la maison, et je vais te donner à mon chat», dit le pauvre.
«Ecoute mon pauvre, dit le petit poisson, si tu ne me donnes pas au chat, en échange de ta bonne action, je te ferai du bien. Tu sais, un bienfait n’est jamais perdu.»

Le pauvre homme remit alors le petit poisson dans l’eau.
En rentrant, sa femme lui posa tout de suite la question:

«Alors, as-tu pris quelque chose?»
«Rien», répondit-il et il raconta son histoire avec le poisson. Sa femme lui dit:

«Retourne, et dis au petit poisson qu’il fasse de toi un juge.»

Ce fut ainsi. Le pauvre cria:

«Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu?»
«Je suis ici! Que puis-je faire pour toi?» répondit le carassin.
«Je souhaite devenir le juge de mon village», dit le pauvre homme.
«D’accord, rentre chez toi, tu seras élu dimanche matin», dit le petit carassin.

Le pauvre homme rentra à la maison, sa femme lui demanda:
«Alors, tu t’en es bien tiré?»

Il lui raconta que dimanche il sera élu juge.

Ce fut ainsi. Il était le juge de son village pendant trois ans. Il ne devait plus aller pêcher puisque avec sa femme ils vécurent à l’aise de son salaire.
Un jour sa femme luit dit:

«Etre juge n’est pas assez. C’est la fonction la moins appréciée dans le village. Va voir le petit carassin et dis lui que tu veux devenir notaire.»

Ce fut ainsi. Le pauvre cria:
«Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu?»
«Je suis ici! Que puis-je faire pour toi?» répondit le carassin.
«Je souhaite devenir le plus important notaire dans mon village», dit le pauvre homme.
«D’accord, rentre chez toi, demain tu seras élu notaire», dit le petit carassin.

Le pauvre homme rentra à la maison, sa femme lui demanda:
«Alors, ta journée, qu’est-ce qu’elle a donné?»
«Il dit que demain je serai élu le notaire le plus important du village! Mais maintenant calmons-nous!» répondit le pauvre homme.

Sa femme ne disait rien. Les années passèrent, un jour elle dit à son mari:

«Ecoute-moi! Cela ne me va plus! Sois juge du comitat!1»

Le pauvre homme alla le lieu où il rencontrait le poisson et se mit à crier:

«Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu?»
Le petit poisson fit son apparition et lui demanda:
«Je suis ici! Que puis-je faire pour toi?»
«Je veux être juge du comitat!» dit le pauvre homme.
«Rentre chez toi, tu le seras!» répondit le petit poisson.

En rentrant à la maison, le pauvre homme dit à sa femme:

«Je souhaite que nous nous soyons d’accord pour que je reste sur ce poste. Cela me suffira!»
«D’accord!» céda sa femme.

Mais au bout de cinq ans, elle n’en pouvait plus et recommença:
«Je veux que tu sois le premier dignitaire! Sois préfet du comitat!»

Le pauvre homme alla au bord de la rivière où il avait rencontré le poisson et se mit à crier:

«Petit carassin! Petit carassin! Où es-tu?»
Le petit poisson fit son apparition et lui demanda:
«Je suis ici! Que puis-je faire pour toi?»
«Je veux être le préfet du comitat!» dit le pauvre homme.
«Rentre chez toi, ne t’inquiète de rien, tu seras élu!» répondit le petit carassin.

Six ans passés, sa femme lui dit:
«Tu sais ce que je pense? Tu dois être roi!»

Le pauvre homme cria au bord de la rivière:

«Petit carassin! Petit carassin!»
Le poisson sautilla et lui demanda:
«Dis-moi ce que tu veux, je t’écoute!»
«Je veux être roi!» dit le pauvre homme.
«Ton vœu sera exhaussé», répondit le petit carassin.

Ce fut ainsi, le pauvre homme devint le roi de son pays.

Mais un beau jour la femme murmura à l’oreille de son mari:
«Chaque pays a son roi, c’est normal. Mais je veux que tu dises au petit poisson que c’est toi qui veux diriger la Lune et le Soleil.»

La pauvre homme alla voir le petit poisson et cria:
«Petit carassin! Petit carassin!»
«Que puis-je faire pour toi, pauvre homme?» répondit le carassin.
«Je veux diriger la Lune et le Soleil», répondit le pauvre homme.

Le petit carassin se mit en colère, et répondit au pauvre homme:
«Rentre chez toi pour reprendre ta vie misérable. Remercie ta femme qui n’a jamais été contente de tes fonctions et qui demandait toujours plus. Tu ne peux pas être Dieu!»

1 En latin : comitatus, en français moderne : département

samedi 18 juin 2016

Une femme bien appréciée


Source:lovagok.hu
Il était une fois un couple. Pendant que l’homme travaillait aux champs, sa femme s’occupait du ménage à la maison. Mais un jour, il trouva qu’il en faisait déjà assez, et il commença à dire à sa femme:

«Je travaille dur dans les champs pendant que tu traînes toute la journée à la maison.»


Une autre fois il lui dit:


«Je suis très fatigué contrairement à toi, qui ne dois pas l’être puisque tu n’as pas grand chose à faire à la maison.»


La femme en avait plus qu’assez et décida à ne plus écouter les reproches de son mari. Elle lui annonça qu’à partir du lendemain c’est elle qui irait travailler aux champs où elle ferait de son  mieux.

Ce fut ainsi. Le matin, elle mit sur son dos sa besace et sa houe, elle prit sa gourde dans sa main et dit à son mari:

«Reste à la maison et fais le travail d’une femme au foyer pendant que je laboure la terre. Aujourd’hui il faut cuire du pain, puis il faut baratter la crème fraîche pour avoir du beurre. La poule est avec ses poussins, il faut faire attention afin que le milan noir ne les emporte pas. Une poule couve des œufs  sous le lit. Fais attention à ce qu’elle mange, qu’elle boive et qu’elle ne casse pas ses œufs.»


Elle s’en alla. L’homme était heureux d’être seul, sans sa femme. Il alla voir le cordonnier pour fumer une pipe, c’était plus amusant d’être à deux que seul.

Ils papotaient, ils papotaient quand l’homme constata que le temps avait passé, il était déjà presque midi et il ne faisait rien : ni le levain pour le pain, ni autre chose. Il se précipita donc à la maison. Il faut savoir qu’avant de partir de chez lui, il avait attaché les pattes des poussins avec une ficelle pour qu’ils restent ensemble et pour que le milan noir ne les emporte pas. Un souci de moins, la ficelle fera l’affaire, pensa-t-il.

Mais en rentrant à la maison il constata qu’il n’y avait plus un seul poussin parce que le milan noir qui n’en voulait qu’un seul,  avait tout emporté car ils étaient tous attachés.

Que faire? Par où commencer? Il aurait dû tamiser la farine et s’occuper de la crème fraîche. Il se mit à tamiser et pour avancer plus vite, il suspendit la cruche par son anse avec un torchon en pensant que les gestes de tamisage aideraient à baratter la crèche fraîche. Mais bon, il fallait déjà pétrir la pâte pour le pain et la crème fraîche n’avançait même pas.

Il alla chercher un peu d’eau. La farine manquait, il devait aller en chercher. Dans sa précipitation, la cruche heurta le montant de la porte, et la crème fraîche coula partout : sur le mur et par terre. Il passa tout son temps à s’occuper de la crème fraîche. Ce n’était pas grave, se dit-il, mais il fallait pétrir tout de suite la pâte car le coucher du soleil n’était plus loin. Il mélangea comme il pouvait les ingrédients : le peu de crème qui lui restait, et la farine. Il n’avait pas le temps d’attendre que le four soit chaud, il mit tout de suite le pain à cuire.


Il retenait son souffle et il ferma pendant quelques secondes les yeux quand il pensa à la poule qui devait être sous le lit et qu’il ne voyait pas sur ses œufs. Il se pencha pour la regarder. Il ramassa rapidement une vingtaine d’œufs, il les mit dans le panier, et il s’installa doucement dessus. S’il n’y a pas de poule, il couvera les œufs, lui-même, pensa-t-il.


Le soir, en rentrant chez elle, sa femme trébucha sur les morceaux de la cruche, et dit:


«Alors, qu’est-ce que c’est que ça?»


Elle vit la crème fraîche qui avait coulé par terre. C’était déjà un mauvais signe. Elle alla voir la poule et les poussins. Pas de poussins ! Elle alla voir le four, et en ouvrant sa porte elle vit que la pâte coulait. Elle referma alors vite la porte du four. Le pain aussi était raté, constata-t-elle. Elle cria alors:


«Où es-tu? Où es-tu?»

«Cot-cot, cot-cot-codêêêk», répondit une voix.
«Hé, toi, où es-tu? Que se passe-t-il ici?» dit la femme.
«Cot-cot, cot-cot-codêêêk.»

Elle s’approcha du lit, regarda dessous, et elle vit son mari assis sur les oeufs.


«Ah, toi! malheureux! Que fais-tu ici?» demanda-t-elle.


«Que veux-tu que je fasse ! Le milan noir est passé par là, et il a emporté les poussins, la poule a cassé ses œufs. J’assume, je suis responsable de tout ce qui s’est passé. Je dois couver coûte que coûte moi-même les œufs.» dit-il.


Finalement, il se leva, et il éprouva une estime infinie pour sa femme. Il comprit qu’elle avait beaucoup de tâches à faire à la maison : tenir propre toute la maison, laver le linge, cuire le pain. Tout cela servait au confort de leur ménage.


Dès ce jour, il ne fit plus aucun reproche à sa femme, au contraire, il avait la plus grande estime pour elle.


Ils vivent encore aujourd’hui s’ils ne sont pas morts entre temps.


 


lundi 16 mai 2016

Les pousseurs de l’église


Il était une fois un village dont l’église était sur la colline. Comme les vieux du village avaient du mal à y monter, les habitants décidèrent de déplacer l’église dans la vallée. Ils s’y mirent tous avec enthousiasme. Vu leur zèle, le juge n’hésita pas à leur donner un coup de main.
Source: quadroshop.ro

Il ôta sa veste, et la posa par terre du côté où il fallait faire descendre l’église. Il alla ensuite de l’autre côté de l’église pour la pousser vers le bas. Il voulait absolument que l’église soit déplacée vite dans la vallée.


Pendant que petits et grands s’y appliquaient, un mendiant fit son apparition. Il vit la veste du juge par terre, il la ramassa, et il partit sans dire un traitre mot.


Au bout d’un moment, le juge proposa aux autres de regarder si l’église changeait déjà de place. Il alla à l’endroit où il avait déposé sa veste, mais Seigneur, elle n’y était plus!


En courant, il s’en retourna vers les autres et dit en faisant de grands gestes:


«Arrêtez! Cela suffit! Vous avez déjà poussé l’église sur ma veste.»

samedi 12 mars 2016

La course à la bêtise II

Source:egyszervolt.hu

Le paysan ne dit rien, il se reposa un peu en regardant la vieille qui se mit à tuer et rôtir les oies. Ensuite elle prépara les provisions.

Le lendemain matin, le paysan se leva de bonne heure, sella le cheval, et il partit.

A peine eut-il quitté la maison que le marchand rentrait à la maison. Sa femme l’accueillit avec un grand sourire:

«Viens vite, j’ai des nouvelles à te dire à propos de notre fils.»

Avec un air dubitatif, le marchand regarda sa femme et dit:

«Qu’est-ce qui t’arrive  Tu es devenue folle?»

«Tu ne le crois pas? Voilà la preuve! Je lui ai envoyé le cheval. Notre fils fait le commerce avec des chiffons et des os, et il tire lui-même sa charrette. Je lui ai envoyé un peu de brioche, trois oies, et un peu d’argent de nos économies dont tu n’étais pas au courant. Et le manteau que tu as soutiré à la dame à la foire», répondit sa femme.

Le marchand respira à fond pour étouffer son immense colère.

«Qui était ce malheureux à qui tu as donné toutes ces choses?» demanda-t-il.

«C’était un homme de l’au-delà. Il est retourné directement là-bas», répondit sa femme.

«Pourvu que la bêtise cesse d’exister dans le monde. Comment tu peux être si naïve, si idiote!» cria le marchand.

Sur ce, il prit la route immédiatement pour retrouver l’homme qui s’aperçut que quelqu’un le suivait en faisant de grands pas. Il rentra dans le bois, et il attacha son cheval à un arbre. Un peu plus loin, il y avait un arbre qui était penché comme s’il voulait tomber. Il s’appuya contre cet arbre pour faire semblant de le caler.

Le marchand s’approcha et lui demanda:

«N’auriez-vous pas vu par hasard un homme passer par là sur un cheval gris?»

Le paysan constata tout de suite que le marchand était fou de colère, il lui répondit donc très paisiblement:

«Bien sût que je l’ai vu! Mais cela ne sert à rien de le suivre, c’était un homme très costaud qui ne doit avoir peur de personne.»

Le marchand prit peur. Il avala sa salive mais sa colère ne le quittait pas.

«Dites-moi, n’avait-il pas peur de vous?» demanda-t-il au paysan qui répondit toujours calmement:

«Si, il avait peur de moi.»

«Seriez-vous assez gentil de ramener ici cet homme? Je vous donne cent forints tout de suite», dit le marchand.

Le paysan se disait qu’il allait tester la bêtise du marchand, et il lui répondit:

«Je ne peux pas bouger. Je suis condamné à rester appuyé contre cet arbre. Si je ne le fais pas, mon père, ma mère et mon frère seront tous morts.»

Le marchand n’entendit même pas les paroles du paysan : il était sourd et aveugle de colère et de cupidité. Il dit au paysan:

«Je reste ici, je m’appuierai contre l’arbre moi-même, vous pouvez aller chercher l’homme qui a obtenu beaucoup de choses de ma femme.»

La paysan hocha la tête, dit adieu et monta sur le cheval. Il partit directement chez lui. En rentrant, il dit sa femme:

«Je suis rentré à la maison parce que j’ai trouvé un homme qui était aussi bête et aussi stupide que toi.»

Le marchand attendit le paysan toute la journée. Quand il eut assez d’attendre, il fit un bond sur le côté pour éviter que l’arbre ne tombe sur lui. A ce moment-là il se rendit compte que l’arbre ne tombait pas et que le paysan s’était moqué de lui, lui qui se croyait très rusé.

«Pourquoi es-tu rentré à la maison?» lui demanda sa femme têtue et enfermée dans sa propre obstination.

«Parce que j’ai trouvé quelqu’un qui est aussi bête que toi»,  répondit le marchand.

«Je te l’ai bien dit! J’ai eu raison!» réplique instantanément sa femme.

Le marchand voulait avoir la paix dans sa maison et lui dit calmement:

«Tu as eu raison. Ce n’est pas toi qui es la plus bête du monde.»